Où pratiquer

Randonner sur le littoral

Publié le 07 octobre 2020

« Je hume l'air, j'aspire l'odeur des aubépines et des ajoncs. - Je marche au bord de la mer, j'admire les bouquets d'arbres, les coins de ciel floconnés, les couchers de soleil sur les flots et les goémons verts qui s'agitent sous l'eau comme la chevelure des Naïades… » écrivait Gustave Flaubert en randonnant le longs de nos rivages entre Anjou et Bretagne en 1847. Si depuis, les bords de mer de notre pays ont inspiré plus d’un amoureux d’iode et de grand air, il aura toutefois fallu un long cheminement pour que les sentiers littoraux connaissent une relative existence juridique et permettent un accès libre et responsable aux sites préservés et fragiles qui jalonnent le littoral français.

De nombreux sentiers le long des côtes

Même si la montagne est le milieu naturel le plus associé à la randonnée, elle ne constitue qu’une infime partie des territoires accessibles à la marche. L’étendue de la façade maritime de la France a pour conséquence de mettre à disposition du randonneur un très large éventail de sentiers de randonnée.

Du fait de la proximité de la mer, des odeurs, du vent et du cri strident des mouettes, marcher le long du rivage procure un plaisir particulier.

  • De Dunkerque à Hendaye, une série de sentiers de Grande Randonnée GR® assure en grande partie la continuité du cheminement le long du littoral.
     
  • De même au nord, en empruntant les GR®, il est quasiment possible de longer la Manche sans discontinuer en partant de la frontière belge, pour atteindre plus bas le golfe du Morbihan, sur la façade atlantique.
     
  • Plus au sud, en Aquitaine, on peut rallier le sud de l’estuaire de la Gironde, jusqu’à la frontière espagnole en empruntant les GR®.

  • Le long de la côte méditerranéenne, le littoral reste moins accessible aux marcheurs, pour différentes raisons : présence d’étangs lagunaires peu propices à un accès pédestre, urbanisation plus importante et pression touristique forte. Dans cette partie du territoire, l’ouverture au public progresse, notamment grâce à l’action du Conservatoire du littoral.
     
  • En Corse, le GR® 20 et le mare e monti – mare a mare, constituent des traversées de l’île, même si les points de vue sur la mer sont nombreux et spectaculaires.
     
  • Dans les territoires d'outre-mer, à La Réunion, le GR® R2 est conçu dans le même esprit ou encore le GR® G1 en Guadeloupe.

Marcher le long des côtes escarpées ou le long des dunes

Les côtes rocheuses allient les plaisirs de l’ambiance marine et de la marche en montagne : des sentiers, parfois escarpés, contournent des criques profondes, les montées et les descentes se succèdent, le franchissement des cours d’eau oblige parfois à effectuer des détours importants. Les points de vue sont le plus souvent majestueux et inédits.

Le tour des Calanques ou certains sentiers situés dans les Côtes-d’Armor sont ainsi connus pour être sportifs, dans un cadre naturel magnifique ! Être muni de bonnes chaussures et avoir un peu d’entraînement est vivement conseillé ! Il vaut mieux que les personnes sensibles au vertige s’abstiennent et s’orientent vers d’autres types de sentier.

D’autres itinéraires, comme le GR® 21 Littoral de la Normandie, entre Le Tréport et Le Havre en Normandie, parcourent le sommet de falaises. Les impressions sont garanties comme l’étendue des panoramas. Techniquement faciles, ces sentiers exigent le respect des précautions suivantes : malgré la tentation, ne jamais marcher au bord des falaises.

Parfois en surplomb, les roches peuvent s’effondrer brutalement sous l’effet de l’érosion. Certains secteurs très fragilisés ont fait l’objet de mesures d’interdiction d’accès. Ce phénomène constant d’éboulement crée en contrebas un risque permanent de chutes de galets.

Il existe un autre risque à marcher au bas des parois, c’est d’être coincé contre la falaise par la marée montante, le piège peut alors être mortel. Les côtes basses et très sableuses ne constituent pas les milieux les plus favorables à la marche : marcher dans le sable est épuisant. Si des sentiers ont été aménagés au milieu des dunes, empruntez-les sans jamais en sortir : sous leur apparence rustique, les milieux dunaires sont d’une extrême fragilité. Respectez également les plantations d’oyats, ces grandes herbes graminées poussant en touffes épaisses, et les ganivelles, ces petites palissades de châtaigniers installées dans les dunes, essentielles pour stabiliser le relief.

Les conditions spécifiques 

Malgrès son ambiance parfois estivale, la randonnée en littoral présente des risques liés à ce milieu.

Eviter les sorties par mauvais temps

C’est évident, mais il vaut mieux le rappeler : les bourrasques de vent, parfois très violentes en bord de mer, peuvent déséquilibrer dangereusement. Mieux vaut ne pas partir pour des sentiers escarpés ou le bord de falaises si le mistral ou de forts coups de vents sont annoncés. La bruine, ou « crachin », fréquente sur les côtes bretonnes et normandes, sont un risque supplémentaire de glissade sur des chemins étroits au rebord abrupt.


 

Les marées

Le cycle des marées est d’environ 13 heures : 6 heures de marée montante (le flux) et 6 heures de marée descendante (le reflux) et un peu moins d’une heure de mer étale, en basse mer ou en pleine mer, c’est-à-dire de pause, avant l’inversion du sens du mouvement. Il y a donc deux marées par journée, dont l’heure se décale chaque jour d’environ 50 minutes. L’amplitude de la marée varie selon les lieux et selon les périodes de l’année.

Une des plus fortes amplitudes se situe au mont Saint-Michel, la différence de niveau atteignant plus de 12 m (la valeur d’un immeuble de 4 étages). La marée en Méditerranée est quasi insignifiante, du fait de l’effet de verrou du détroit de Gibraltar.

Pour randonner le long du littoral de la Manche et de l’Atlantique, il est fortement conseillé de se procurer les calendriers des horaires de marées vendus un peu partout. Vous pourrez ainsi programmer vos sorties en fonction de la marée (se baigner sur telle ou telle plage par exemple) et profiter des différentes ambiances. De plus, il peut arriver que certains passages ne soient praticables qu’à marée basse.

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